La rentrée…

Mais quel cirque cette rentrée des classes, je me demande encore pourquoi à mon âge, j’y accorde autant d’importance…

Je n’irai pas jusqu’à dire que je ne n’ai pas dormi de la nuit, mais presque !

Mardi matin j’étais énervée comme une puce, dès le saut du lit…

Prête à me faire des nattes et à mettre ma satanée jupe plissée bleu marine. Mais voilà, l’école, c’est terminé pour moi ! Fini, nada…t’as plus de 40 ans ma vieille, la rentrée maintenant c’est pour ton fils !

Evidemment, je ne vais pas lui mettre une jupe à lui, mais je me rends compte aujourd’hui à quel point l’enfance nous laisse des traces…

Toute ma scolarité, ma mère me forçait à m’habiller le jour de la rentrée comme une poupée anglaise : jupe plissée bleu marine, chemisier blanc, chaussures bleues (genre Kickers Fanette). Je devais traditionnellement enfiler mon masque de première de la classe. C’était le rôle qu’elle me confiait tous les ans à la même époque et en échange j’attendais à ce qu’elle joue  celui de la mère présente, forte comme un roc, capable de m’épauler en ce jour si particulier de ma vie d’enfant.

Pures compositions…

Sous mes vêtements de petite fille modèle battait un cœur de garçon manqué qui ne rêvait que de grimper dans les arbres avec son pantalon rouge et son lance pierre.

Sous son masque de femme forte, il y avait celui de la petite fille qui avait toujours détesté l’école, qui s’y sentait alors si seule, rejetée par les autres. Je savais très bien que les jours de rentrée étaient pour elle un calvaire et qu’elle les passait à pleurer, seule à la maison à m’attendre. Je crois que si l’école n’avait pas été obligatoire, je n’y serais jamais allée.

Oui mais voilà : n’en déplaise à ma mère, moi, j’adorais l’école ! Certainement d’ailleurs par pure opposition…

Pour lui faire plaisir il m’arrivait parfois de faire un peu de cinéma, de mettre le thermomètre sur ma lampe de chevet, ou tout simplement, de lui dire :

« Maman, je n’ai pas envie d’y aller aujourd’hui… » et c’était gagné, j’avais droit à mon mot d’excuse…

Difficiles donc étaient les jours de rentrée, partagée entre ma joie de retrouver ce lieu que j’adorais et la culpabilité de laisser ma mère seule à la maison.

Mais aujourd’hui, tout a changé : la mère c’est moi !

J’ai enfin le droit d’être heureuse au grand jour, de sauter partout si j’en ai envie et de hurler à tue tête dès le réveil: « C’est la rentrée, c’est la rentrée !», sous le regard bien sur consterné de mon fils… J’ai le droit de prendre du plaisir à lui acheter toutes ses fournitures (merci Internet !) et de me régaler à lui couvrir ses livres (nan j’déconne !).

J’ai le droit de l’habiller en rouge, en vert et j’ai même le droit de l’encourager à faire plein de bêtises.

Mais je n’ai pas le droit de pleurer

quand arrive le D Day

et que je le vois s’éloigner,

cœur léger,

tout de bleu et blanc habillé…

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