Joséphine et moi

Cela fait un an que Joséphine est entrée dans ma vie.

Elle est belle, elle a de la classe, avec elle je me sens en sécurité, et puis il faut le dire : nous allons tellement bien ensemble. Mais avant de la rencontrer, ce n’était pas vraiment gagné…

J’avais « l’autre » dans ma vie depuis 15 ans. Et « l’autre » justement je ne la supportais plus ! Du coup rien ne lui était épargné, la pauvre. Je n’y prêtais plus du tout attention, je la malmenais, je l’insultais chaque jour et la rendais responsable de tous mes maux. Je lui reprochais surtout d’être encore et toujours là, fidèle à mes côtés, quoiqu’il arrive.

Il fallait que cela cesse, je devais lui trouver une remplaçante. Je sais c’est dur, mais lorsqu’on n’éprouve plus rien, il faut savoir arrêter.

J’ai donc commencé activement mes recherches. Les sites internet spécialisés tout d’abord, puis je me suis mise à fréquenter les lieux habituels pour ce type de rencontre.

Je voulais que cette fois, elle corresponde à toutes mes attentes.

Seulement voilà, chaque fois que j’exposais ces critères qui me semblaient si importants justement, je voyais le regard dubitatif de la personne en face de moi, je passais immanquablement pour une blonde (que je suis !).

Moi tout ce que je voulais avec elle, c’était assouvir un plaisir simple, celui du partage de la musique, je voulais qu’ensemble nous puissions écouter toutes les playlists de mon iPhone, j’en avais marre de « l’autre » qui n’écoutait qu’Europe 1 !

Mais je voyais bien qu’on me prenait pour une dingue, que ce n’était pas un critère de choix valable. On ne cessait de me répéter qu’il fallait que je la choisisse belle si possible mais surtout pour la sécurité qu’à 40 ans maintenant, elle pouvait m’apporter. On me demandait d’être raisonnable.

Je ne cherchais que des atomes crochus musicaux.

Et puis un jour, sans m’y attendre : le coup de foudre!

Je l’ai vue face à moi, presque par hasard alors que je n’y croyais plus, dans un endroit où je ne vais jamais : en plein 16eme…

Au début je n’ai pas osé, je l’ai trouvée trop belle pour moi et puis elle devait être habituée à des femmes plus classes. Mais c’était trop tard, je l’avais déjà dans la peau, et nous avions les mêmes initiales, j’ai pris cela pour un signe du destin.

Finalement je lui plaisais aussi, alors nous avons pris rendez vous. Comme ça, pour voir.

La veille je n’en ai pas dormi de la nuit, je ne savais pas comment me comporter, comment m’habiller, j’avais peur de ne pas être à la hauteur, je savais qu’elle venait de rompre avec une femme beaucoup plus belle que moi. J’ai finalement décidé d’être naturelle, après tout, si je voulais que ça marche entre nous, je devais être moi-même dès le départ.

Je vous avoue que la personne en face de moi a été quant à elle très surprise devant tant d’enthousiasme et de spontanéité. J’étais si différente de toutes ses fréquentations du 16ème et j’ai bien cru faire tout capoter quand j’ai déclaré être aussi excitée qu’à 15 ans avec ma première mobylette ! Gros gros silence gêné, regard consterné…

J’ai finalement réussi à lui plaire à mon tour, je ne sais d’ailleurs par quel miracle.

Et puisque toutes les deux nous allions plus loin dans l’aventure il était temps de me débarrasser de « l’autre », la vieille, la moche.

Sauf qu’au moment de franchir le pas, de la virer de chez moi, j’ai bien sur été envahie par la culpabilité.

J’ai repensé à tous ces moments passés ensemble. Ma vie d’avant en province, mon arrivée à Paris, nos premiers pas ensemble dans la capitale, les longues promenades avec mon petit qu’elle avait adopté comme le sien.

Et là encore, je me suis ridiculisée, j’ai supplié qu’on ne lui fasse pas de mal, j’ai mis en avant toutes ses qualités et ces moments partagés. J’ai même fondu en larmes. J’ai touché le fond, on m’a prise pour une folle, puis je suis rentrée chez moi accueillir ma nouvelle compagne.

J’ai eu du mal à me faire à la boite auto, mais dans les bouchons parisiens, j’avoue que c’est plus pratique, d’autant qu’aujourd’hui, je peux patienter tranquillement en écoutant la musique de mon iphone connecté à ma chère Joséphine.

Je sais c’est con de donner un prénom à une voiture mais je n’ai pas eu de fille alors puisqu’il est dans ma liste depuis tant d’années, autant qu’il serve à quelque chose…

Une réflexion sur “Joséphine et moi

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