Je garde ton coeur

Pour la énième fois je viens de regarder « In her shoes », pour la énième fois je termine en larmes. Je connais le film, je connais l’histoire, je connais la fin, mais je pleure.

Je ne peux m’empêcher de penser à ma sœur.

Je n’oublierai jamais la première fois où je l’ai vue.

Je l’attendais tant ce petit bébé. Je ne savais pas encore si j’allais lui prêter mes poupées ou si elles allaient être détruites par des camions, mais je l’aimais déjà tellement.

Ma mère est partie dans la nuit à la maternité et mon père m’a emmenée le matin à l’école en me promettant de venir me chercher dès que le bébé serait né.

J’ai attendu toute la journée. J’ai attendu chaque minute de cette longue journée de Janvier 1982.  J’allais avoir onze ans. Chaque fois que j’entendais la sonnette de la porte d’entrée de l’école, je sentais mon cœur battre de plus belle dans ma poitrine, mais rien, toujours pas de papa.

Ce jour là, fait exceptionnel, moi la championne d’orthographe, j’ai eu 10 fautes à ma dictée.

Comment oublier une telle journée ?

L’école finissait à 16H45, ma sœur est née à 16H40. Mon père n’a pas eu le temps de venir à la sortie, bien sûr. Il est venu plus tard, avec 2 polaroids.

Sur l’une m’a t’il dit, on voit si c’est une fille ou un garçon, tu veux peut être attendre.

Non je ne le voulais plus, je voulais savoir. Et là je l’ai vu mon bébé sœur. J’ai ces deux premières photos gravées à tout jamais dans mon esprit.

Puis lui et moi sommes partis à la maternité et là je l’ai vue pour la première fois ma petite sœur adorée.

Et je l’ai adorée. Follement, éperdument.

Aujourd’hui nos relations sont compliquées, je la vois se chercher, se gâcher et ça me fait mal. Je sais que je suis son roc dans la tempête, mais qu’il faut que je m’éloigne pour qu’elle apprenne à se construire vraiment, sans moi. Je prends me distances pour lui donner de l’élan. Je reprends mes racines pour lui donner des ailes.

Même si c’est difficile pour toutes les deux, je le fais pour elle. Et peut être aussi un peu pour moi.

Elle ne lira jamais ces lignes, car elle ne sait pas que je les écris. Dans la vraie vie, j’aimerais juste qu’elle sache à quel point je l’aime.

Comme dans « In her shoes », j’aimerais terminer par ce merveilleux poème de E.E Cummings, j’espère un jour lui lire, peut être pour son mariage :

J’ai toujours ton coeur avec moi

Je le garde dans mon coeur.

Sans lui, jamais je ne suis.

Là où je vais, tu vas, ma Chère

Et tout ce que je fais par moi-même

Est ton fait, ma Chérie.

Je ne crains pas le destin

Car tu es à jamais le mien, ma Douce

Je ne veux pas d’un autre monde

Car ma Magnifique, tu es mon monde, mon vrai.

C’est le secret profond que nul ne connaît.

C’est la racine de la racine.

Le bourgeon du bourgeon.

Et le ciel du ciel.

D’un arbre appelé vie qui croit plus haut

Que l’âme ne saurait espérer ou l’esprit le cacher

C’est la merveille qui maintient les étoiles éparses.

Je garde ton coeur. Je l’ai dans mon coeur.

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