Mon petit

iphone ema oct 2012 521

J’étais toute belle ce jour là pour aller chercher mon petit à l’école ! Je sortais d’un rendez vous professionnel important, et c’était de toute manière une journée importante puisque mon poussin allait passer son brevet de natation…

Cela faisait des semaines qu’il en parlait, nous avions du le repousser une fois car à la date prévue, un orage s’était abattu sur la piscine et les dégâts avaient été tels qu’elle avait fermé pensant trois semaines…

Mais là c’est le jour J;  les affaires sont prêtes, le gouter ultra vitaminé, l’appareil photo ultra pixélisé, la maman ultra excitée…

Je suis là devant la porte de l’école à attendre la merveille des merveilles quand soudain je le vois apparaître. L’amour de ma vie. La chair de ma chair, mon dieu vivant. Il est enfin là devant mes yeux…Le nez explosé, le visage ensanglanté… Mon cœur s’arrête de battre, je me sens partir loin, je voyage un une seconde dans le pays de la douleur et du chagrin. Je ne sais pas ce qu’il a mais je souffre déjà pour lui. Je sais ce que vous pensez, ce n’est pas possible. Mais si, pour une mère c’est possible.

Et là de femme je deviens Louve, je deviens Tigre, je sors mes griffes avant de bondir sur la seule responsable à mes yeux : son institutrice. Cette mauvaise femme à qui je confie la prunelle de mes yeux et qui ne l’a pas protégée…

Soutenue par le regard horrifié de toutes les autres mères présentes, je me sens galvanisée, j’ai l’impression d’être le porte drapeau en haut des barricades !

Je fonce et je hurle :

« Mais enfin pourquoi ne m’avez vous pas prévenue ?

–       Mais ce n’est rien du tout !

–       Rien du tout ! Vous plaisantez ? Je vais vous exploser le nez vous allez voir si ce n’est rien du tout, et en plus il devait passer son brevet de natation !

–       Et bien comme ça avec l’eau il va cicatriser plus vite !

–       Pars à la retraite espèce de vieille conne Pfff, n’importe quoi ».

Je prends mon fils et je pars, vite, très vite. J’ai juste envie de pleurer. Je trouve son attitude lamentable, mais je m’écrase, je ne veux pas faire de vague, je ne veux pas que ça retombe sur lui, il paraît qu’ils sont comme ça les instis, rancuniers. Je n’ai pas voulu prendre le risque de tester cette caractéristique, même si je pense qu’au fond c’est une idée reçue. C’est vrai, après tout, avant j’étais instit aussi et je ne suis pas rancunière. Ah mais si au fait, à mort… Elle va prendre cher la vieille.

Mon petit ne dit rien, il ne se plaint pas, il est juste déçu parce que son brevet est annulé pour la seconde fois. Je le trouve tellement courageux. A chaque fois que je le regarde dans le rétroviseur, j’ai envie de fondre en larmes. Je lutte.

A la maison nous retrouvons mon super-heros-de-mari, rentré plus tôt pour le brevet.

Je suis heureuse de le retrouver mon héros, il va s’occuper de nettoyer la plaie (bien sûr cela n’a pas été fait à l’école elle va prendre cher la vieille), je ne supporte pas la vue du sang, surtout celui de mon petit.

Finalement, tous trois à l’abri de notre cocon et voyant mon fils aller plutôt bien, ma colère s’apaise, et les larmes me montent un peu moins à la vue de son visage abîmé.

Mais au moment de passer à table, il lâche la phrase qui tue, celle qui fait que nous décidons de tout laisser en plan et de partir vite, très vite… « Maman, j’ai envie de vomir ».

Comme il a été poussé par un petit con alors qu’il était si sagement debout sur un muret, et qu’il est tombé sur la tête, nous pensons tout de suite au trauma crânien (rien de moins !) et partons en direction des urgences pédiatriques.

Après les formalités d’admission (je vous passe les détails et l’attente, c’est un vendredi soir 20H l’hôpital joue à guichets fermés), nous sommes reçus par une infirmière qui semble faire passer un interrogatoire à mon fils sur les conditions de l’accident.

Même si au fond de moi je comprends ses questions, je me sens agressée dans mon cœur de maman d’être suspectée de la sorte. Malheureusement il y a des monstres de pseudo parents qui font subir de tels sévices à leurs enfants et les soignants n’ont plus le choix.

Elle nous dirige ensuite vers un interne qui se trouve dans une salle sur la porte de laquelle est écrit :

« Salle de sutures »…

Je pense que je vais m’évanouir.

Je pense que je ne vais pas tenir le coup.

Je pense que je vais réclamer l’anesthésie générale ou l’internement. POUR MOI.

Je pense que je vais lui piquer l’aiguille et me recoudre moi même, pourquoi pas la bouche pour m’empêcher de hurler ?

Mais au lieu de penser je fais le choix d’agir et de prendre sur moi, pour lui.

Me voila tout sourire à plaisanter avec l’interne (est il assez compétent ?…), mais cela doit sonner si faux que mon super-héros-de-mari prend la main et gère la situation. Il prend aussi la main de mon petit bonhomme qui a davantage besoin à ce moment là du réconfort de son papa que de sa maman complètement flippée…

Le médecin inspecte, pose des questions, lave la plaie, mais rien.

Ni suture, ni trauma, nous sommes libres de rentrer chez nous.

Je suis joie, je suis euphorie, je suis reconnaissance éternelle. J’ai envie d’embrasser l’interne et de chanter dans les couloirs. Mais nous ne sommes pas au «Grey Sloan Memorial Hospital »… Alors je me dirige tranquillement vers la sortie.

Nous sommes tous trois sur le chemin de la maison, apaisés, mais épuisés de cette soirée forte en émotions et très riche en stress ; quand soudain nous entendons une petite voix à l’arrière de la voiture :

« Merci Papa, Maman, j’ai adoré cette soirée aux urgences »…

Les enfants sont formidables!

 

 

 

 

2 réflexions sur “Mon petit

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