De l’agonie à l’extase

Un jour, mon super-héros-de-mari est rentré à la maison avec un magnifique bouquet composé de toutes les couleurs.

Oui mais voilà, je déteste les bouquets composés de toutes les couleurs… Pour moi, un bouquet c’est uni, avec une seule variété de fleurs, des roses. Blanches. Ou rouges. Ou d’un très joli rose pâle avec des liserés verts. Mais en aucun cas avec du jaune, du orange, beurk beurk et rebeurk ! Ce n’était pas le première fois qu’il m’offrait ce genre de bouquet, mais je n’avais jamais voulu le blesser, privilégiant le geste… Sauf que ce jour-là, je ne sais pas pourquoi, j’ai littéralement explosé :
« C’est quoi mes fleurs préférées ?
– Euh… Les roses ?
– Et c’est quoi ce bouquet ?
– Ben y en a des roses, regarde ces belles oranges !
– Je déteste les fleurs orange ! »

J’imagine que tous les hommes qui me liront penseront la même chose et que c’est d’ailleurs ce qu’il a dû penser sur le moment. Moi même je me suis détestée, je n’ai pas aimé cette réaction si disproportionnée et injuste. Je n’ai pas compris.

Quelques jours plus tard, alors que nous regardions un chef d’oeuvre de la culture cinématographique française – un gendarme avec mon idole Louis de Funès – j’ai vu une scène qui m’a profondément attristée. De Funès était en retraite et s’ennuyait. Il regardait son costume de gendarme et se sentait nostalgique du temps où il était en activité. Je me suis sentie submergée par une profonde émotion, un vif sentiment :
«  C’est triste !
– Tu plaisantes ?
– Ben non c’est super triste, tu le vois pas là en train de regarder son costume ! »

Quand il s’est tourné vers moi, il a compris que je ne plaisantais pas, décomposée que j’étais. En larmes. Il ne m’a pas prise pour une folle, mais limite. En tout cas, il n’a pas compris ma réaction ; moi non plus.

C’est seulement une semaine après que j’ai compris. En allant aux toilettes. En faisant pipi sur un petit bout de plastique. En voyant apparaître un petit trait bleu.

J’étais enceinte.

Et tout ça n’était qu’un début. Des prémices à 7 mois et demi (oui, je ne suis pas allée jusqu’au bout, mais ça je vous le raconterai une autre fois !) d’humeurs changeantes, de sentiments exacerbés, de face à face avec une femme qui n’était pas moi.

Tout le monde dans mon entourage avait hâte qu’enfin la délivrance arrive. Je pouvais passer du rire aux larmes dans la même conversation et sur le même sujet.

J’étais agressive, hargneuse. Je me suis même retrouvée un matin au supermarché, à deux doigts de me battre… La raison ? Une femme avait osé mettre son doigt sur un poulet, enfin sur le papier cellophane qui le recouvrait. Justement un poulet, je voulais en acheter un. Et j’imaginais tous les microbes que je pouvais transmettre à mon petit. Du grand n’importe quoi donc, mais je lui ai quand même sauté à la gorge ! Pauvre femme. Pauvres femmes.

Je n’ai pas aimé tout ça. J’avais toujours imaginé la grossesse comme un état de bonheur et de plénitude absolus. Je me voyais comme Blanche Neige entourée et suivie en permanence par des petits oiseaux… Résultat : j’étais plutôt comme le mec dans Tarzoon (La honte de la jungle… Grosse grosse référence qui ne parlera certainement qu’à 2% d’entre vous…), celui qui ne marche qu’en râlant et entouré de dizaines de mouches…

anti mouches De l’agonie à l’extase

Alors non, je n’ai pas aimé tout ça. J’adore mon fils. C’est la merveille des merveilles, mais je n’ai pas aimé ce déferlement d’hormones, je n’ai pas aimé ces montagnes russes permanentes, et non je n’ai pas aimé prendre 30 kilos.

Et si je dois encore me coltiner ça pendant 10 ans à la ménopause, moi je vous le dis tout de suite, c’est décidé : j’arrête de vieillir !

ArticlepubliéSobusygirls-rouge

Source photo : Tarzoon, La honte de la jungle (Picha 1975)

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