Pas dodo

Chapelle

48H

Je l’ai laissé il y a 48H, à bout de nerfs ; lessivée, fatiguée, pas du tout libérée, délivrée, non pas du tout.

Un mois que je me bats avec le sommeil de mon fils, un mois qu’il gagne et qu’il emporte le mien dans son sillage.

J’ai tout tenté.

J’ai commencé par le médecin traitant qui m’a prescrit un somnifère, bien lourd, pour casser de suite le processus et qu’il n’entre pas dans un engrenage.

Quand je suis arrivée à la pharmacie, on m’a dit que c’était très fort, trop ; que c’était comme vouloir écraser une mouche avec une massue. L’image m’a tuée. Je suis repartie avec des granules de Sédatif PC.

J’ai trouvé en urgence une psy, soi disant spécialiste du sommeil. Elle m’a répondu qu’elle pouvait me recevoir  l’après midi même. Je suis allée chercher mon fils en pleine journée à l’école pour l’emmener voir cette fameuse personne.

J’aurais du me douter que lorsqu’on répond soi même au téléphone et qu’on est en mesure de fixer un rendez vous le jour même, il y a comme un problème.

Elle est soi disant habituée aux enfants mais emploie un langage incompréhensible. Elle regarde sa montre toutes les cinq minutes et nous expédie vite fait bien fait.

Nulle. Complètement nulle.

Retour à la case départ.

Les granules ne font aucun effet. Mon petit commence à entrer dans l’engrenage que mon médecin voulait éviter, il entre dans la phase « je stresse dès 20H car je sais que je ne vais pas dormir ». Il commence à développer des tics. Je suis hyper inquiète.

Il déboule dans notre chambre à une heure du mat, en larmes, il n’arrive pas à dormir.

L’homme est surchargé de travail et a du mal à vivre cette situation.

Je me sens prise dans un étau.

Je fais de la méditation pour enfants avec mon fils, des exercices de relaxation, rien n’y fait, il ne dort toujours pas.

On laisse tomber le Sédatif PC pour du L72. C’est comme pisser dans un violon.

Une amie me parle d’un homéopathe miraculeux, je l’appelle. Quelqu’un vient de se décommander, il a une place le jour même à 14H30 ou huit jours après. Bien sûr, je prends 14H30. Je vais donc pour la seconde fois en une semaine le chercher à l’école, il commence à s’en agacer.

Et quand je lui annonce que j’ai réussi à obtenir un rendez vous 10 jours plus tard chez une pédopsy qu’on m’a conseillée, il me sort la phrase qui tue : « A force de voir tous ces médecins Maman, je vais finir par faire une dépression nerveuse »….

Suis je allée trop loin ? A force de vouloir trouver une solution au problème, ne l’ai je pas accentué, stigmatisé ? Je me sens perdue. Cette détresse psychologique que je semble lire en lui me désempare davantage que toutes les fois où sa fièvre est montée à 40. Je ne comprends pas ce qui lui arrive. Toute la journée il est ce petit garçon drôle, lumineux et bien dans sa peau et le soir il est désespéré. Stressé, angoissé.

Il parle beaucoup d’un fameux Slenderman et je comprends qu’il se monte la tête à l’école avec ses copains, et qu’il est dans une phase où l’on aime se faire peur, mais jusqu’à quel point ? Son imagination est débordante (de la graine d’écrivain sûrement !). La psy est très bien, elle semble de suite cerner ses peurs. Il est content et veut y retourner, nous y retournerons.

Le traitement de l’homéopathe semble aussi porter ses fruits, il est de plus en plus calme. Moins stressé, il s’endort maintenant quand nous montons nous coucher, vers 23H30. Il se lève tout de même à 7H pour l’école, mais c’est toujours mieux que s’endormir à 2H du mat… Du coup je monte me coucher de plus en plus tôt. Je sais ce n’est pas une solution. Mais putain c’est quoi la solution ? Il va tenir combien de temps à ce rythme là ?

Il y a 48H je l’ai laissé en vacances chez mes parents.

Et moi je vais dormir.

Hier après midi, j’ai fait une sieste de 3H. C’est trop bon. C’est égoïste je sais. J’en avais tellement besoin.

Mais le problème reste le même, il est juste délocalisé. Je sais que mes parents sont d’une patiente infinie, je me doute même que l’abnégation va pousser jusqu’à se coucher en même temps que lui. Mais encore une fois, ce n’est pas une solution.

Les vacances terminées que va t’il se passer ? Qui va m’aider, qui va l’aider ? Qui va trouver ? Je ne sait plus à quel Saint me vouer, j’ai même pensé partir à Lourdes pour les vacances, mais faut quand même pas déconner…

12 réflexions sur “Pas dodo

  1. Le sommeil cette pute infidèle. Déjà dis toi que tu as fait tout ce qu’il fallait. Et le toubib qui prescrit des somnifères à un enfant, vire le de ton agenda. Il aime bien la pédopsy ça se débloquera avec elle. Et sinon je suis mariée à un gars qui ne s’est jamais endormi avant minuit depuis l’âge de 7/8 ans je crois, il est en très bonne santé, mentale et physique hein? Après lui ça ne l’angoissait pas et c’est ça finalement qu’il faut regarder, l’angoisse parce que ne pas beaucoup dormir chez certains c’est absolument pas grave même si chez nous c’est une abomination 🙂

    • Tu es en train de me dire que plus grand mon fils portera des tee shirt jaunes???
      Monsieur si tu nous lis on t’embrasse!!!!!
      C’est son angoisse qui m’inquiète, effectivement plus que le fait qu’il n’arrive pas à dormir. J’espère que ça va se débloquer parce que bien sûr en plus, je culpabilise…Il est angoissé parce que je suis angoissée….

  2. Je pense avec nostalgie au temps ou sur arte il y avait des images de saute mouton, avec un décompte en français et en allemand… Ca ca t’assomait un cheval !!!
    Ca ne va pas t’aider mais peut-être que ca te fera au moins rire ! 🙂

  3. Ton récit m’a beaucoup touché, comme très souvent je dois dire. Je n’ai malheureusement pas de solution à te donner et pourtant j’aimerais bien. Je peux seulement te souhaiter bon courage ainsi qu’à ton petit garçon, en espérant que tout vas s’arranger très vite. 🙂

  4. Ouille ! Le sommeil, cette chose si précieuse qui nous rend complètement maboule quand il nous en manque. Comment dort il ailleurs ? Mieux ? Moins bien ? C’est un énorme point positif qu’il accepte et aime le pédopsy. En attendant, dors. En espérant que ce ne soit qu’un passage et qu’il retrouve vite le plaisir de dormir ! Des bises et courage.

    • Ca ne semble pas forcément s’arranger chez mes parents, je crains que le problème ne persiste à la rentrée… C’est vrai que c’est précieux, malheureusement comme beaucoup de choses on s’en rend compte quand il s’en va…

  5. tiens, ça me rappelle moi quand j’étais petite, une vraie stressé du soir, à me faire 1000 films dans ma petite caboche trop imaginative… bon courage, j’espère que vous allez trouver une solution

    • On continue notre chemin mais rien n’est gagné… Cette semaine on a trouvé un truc: il s’endort avec un masque (comme les pouffes dans les avions) pour ne pas avoir peur… Mais c’est encore bien fragile tout ça!

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