La Goulue

muguet

Je viens de passer deux semaines à me gaver. Je viens de me goinfrer comme jamais.

Les vacances bien sûr, sont propices à ce type de comportement chez moi, mais cette fois ci je pense avoir exacerbé cette faculté jusqu’à son paroxysme. Pour mon plus grand bonheur.

Bien sûr, j’ai mangé une ou deux glaces chez Ernest, le fameux glacier qui a pignon sur Port. J’ai aussi dégusté quelques crêpes. Avec du chocolat chaud. Viennois.

J’ai bu du vin aussi. Du bon vieux vin que mon cher Papa semble vouloir faire disparaître de sa cave. Autrefois il attendait qu’il vieillisse…

J’ai mangé tous les bons p’tits plats de ma mère ; à l’heure où je vous parle, à bord de mon TGV, je viens même de m’enfiler la moitié d’un Tourteau Fromager (Coucou Emmas) qu’elle a pris la peine « d’éplucher », avant de le glisser subrepticement dans mon sac !

Mais ces deux dernières semaines, je me suis surtout gavée d’eux.

Je me suis régalée du regard bleu de mon père. J’ai dévoré ces scènes d’amour absolu comme les voir avec mon fils, embarquer dans la camionnette branchée sur Skyrock et se mettre à chanter, hurler et mimer « Gigo Gigoter » (ne me demandez pas ce que c’est, je ne connais pas)…

Je me suis délectée de tout. Pour ne rien oublier. J’ai pris le temps de les aimer. De les observer à m’en crever les yeux. Je n’ai quasi pas bougé. Je ne voulais pas les quitter.

Moi qui n’en suis pourtant pas friande, je me suis même régalée de leurs engueulades, car finalement, quand on prend le temps de les étudier, elles aussi sont pleines d’amour.

Je me suis goinfrée d’eux, de leurs sourires, de leurs regards, de leur bienveillance, de nos éclats de rire, de nos discussions, de nos critiques des nouveaux voisins, de l’évocation de nos souvenirs, de nos parties de cartes, de nos promenades, de nos coups de folie, de nos émissions télés où le spectacle était davantage sur le canapé, de nos petits déjeuners interminables, de cet amour infini. Du plaisir, si rare, d’être ensemble.

Je me suis goinfrée, mais j’ai encore plein de place. Je ne veux pas digérer. Je veux tout garder.

Je ne sais pas si la prochaine fois que je retournerai là bas, chez eux, chez moi, je pourrai encore en prendre une part. Je l’espère. Et si c’est le cas, j’en prendrai une double ration.

J’avais envie de leur rendre hommage. Particulièrement aujourd’hui. Merci de m’avoir donné la vie. Souvent, on aime comme on a été aimé…

2 réflexions sur “La Goulue

  1. Tu sais ce qui est fou, c’est que, la bouffe mise à part (ma mère suit un régime extrêmement strict parce qu’elle est malade depuis deux ans), j’ai passé la semaine dernière à me dire ça, tous les jours. Ecouter, regarder, ne plus s’agacer de leurs humeurs et leurs petites habitudes, profiter d’eux, rire et se fâcher pour 10 minutes sur la politique. Tout pareil, tout pareil.

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